Rappel du principe : rédiger un texte en suivant les indications données dans la textée. On pourra ensuite comparer le texte obtenu avec celui qui a servi a écrire la textée.
Une femme, passablement perturbée, quoique s’exprimant de façon ampoulée (et en vers), soliloque dans un coin.
Tout d’abord elle s’interroge, en un rythme ternaire de plus en plus long, sur l’endroit où elle se trouve et la manière d’agir.
Poursuivant l’interrogation, elle se demande, en deux phrases d’égale longueur, ce qui l’accable.
Elle ne peut qu’affirmer, tout d’abord son état présent (deux clauses : un adjectif ; un substantif à la forme négative), ensuite l’activité à laquelle elle est en train de se livrer.
Après une courte interjection, elle retourne au mode interrogatif pour exprimer un doute : est-elle ou n’est-telle pas amoureuse ?
Se référant ensuite directement à l’objet de son amour, introduit par une formule assez peu flatteuse pour lui, elle rappelle le comportement de l’homme (cet homme n’est jamais nommé) qui lui a
fait comprendre d’un seul regard qu’il n’avait plus rien à lui dire.
Elle s’étonne ensuite :
- qu’il n’ait pas fait semblant d’être compatissant, ni triste ;
- de ne pas l’avoir vu ni hésiter, ni faire preuve, encore, de compassion ;
- qu’il n’ait pas exprimé de manifestations sonores face à son chagrin à elle ;
Se remémorant la scène, elle se rappelle même qu’il n’a pas proféré un son face aux siens, et qu’il est resté stoïque devant son inquiétude.
[...]
Reprenant ce qui lui reste d’esprit, elle s’accable, sur le mode exclamatif, d’avoir gardé, elle, un sentiment pour lui.
Toujours en mode exclamatif, elle introduit un nouveau reproche contre elle-même par une expression superlative, avant de constater que l’organe siège de sa passion, organe répété (la deuxième fois
renforcée d’un qualificatif) éprouve toujours un tendre penchant pour cet homme (objet toujours non nommé).
Pis, elle constate que la perspective de l’accident qui pourrait lui arriver cause chez elle une réaction physique de souffrance.
[...]
Mais basculant à nouveau dans l’excès inverse, elle décrète qu’elle doit maintenir ce qu’elle a décidé sous le coup d’une violente colère : c’est-à-dire tout simplement la mort de l’homme,
puisqu’après tout il est comme mort pour elle
(Textée rédigée par Iszaak pour la séance du 21/02/09)
Est-ce la louve qui hurle en moi ?
Et Romulus parti de ce toit ?
Blonde, mais pas sotte, suis, et ferai tout pour retrouver mon ami.
Fi ! Romulus ou Rémus, lequel en vaut la peine ?
Ou Guéménée aussi, de l'andouille il a l'expressivité et l'esprit.
Mais pourquoi ne s'est-il pas roulé,
Ou sorti se tripes devant moi ?
Ou encore hurlé comme un porc qu'on abat ?
Que nenni ! Mutique il est resté
et mes tourments a ignoré...
Louve de Rome, tu n'as plus que tes yeux pour pleurer !
Ce cœur merveilleux était en fait maudit,
cœur sanglant qui pleure encore pour lui !
Mais si dans la fosse au lions il est jeté je serai dévorée.
Non, je serai le gladiateur qui de son filet va le coucher et de son trident le transpercer !